J+1 : le jour le plus long

Nous sommes le vendredi 28 juin 2013. J’émerge enfin vers 3h du matin et j’arrive enfin à soutenir une conversation et à dire à ma femme combien je l’aime et combien je suis heureux que tout se soit bien passé. Elle m’a attendu 3 longues heures et m’a aidé toute la nuit à lutter contre les vomissements à répétition. J’ai en effet un mal fou à régurgiter le mélange horrible d’anesthésiques et autres produits destinés à vérifier l’étanchéité des coutures de ce nouvel estomac. Je ne veux pas me faire mal mais je n’ai pas le choix : mon corps ne supporte pas ce mélange acide et je vomis à 4 reprises. Je trouve une position allongée qui me permet d’évacuer plus efficacement le liquide.

Je n’ai pas vraiment mal et je n’utilise pas la morphine. Je n’ai pas envie de vomir encore plus car les douleurs sont importantes à chaque vomissement. Seuls des mouvements de bulles d’airs dans le ventre me gênent. C’est supportable.

Je découvre mes 4 pansements liés à la cœlioscopie. Ils sont très propres et le chirurgien n’est pas passé par le nombril. Du beau boulot !

celioscopie

Ma tension ne remonte pas tant que cela même sans mon traitement habituel. Au pire je monte à 16/8. J’ai droit à un flacon de calmant toutes les 6h et ça me fait du bien. Je bois 2 ou 3 toutes petites gorgées d’eau dans la journée et je n’ai pas de douleurs particulières en avalant. Tout va bien et on me dit que j’ai bonne mine. C’est une journée sans visite à part les médecins, infirmières et mes parents et je me repose par vague d’une heure de sommeil maximum.

C’est le jour J

Nous y voilà : le 27 juin 2013. C’est le grand jour de l’opération.

Une dernière pesée et c’est le bilan des 10 jours de préparation : 139,9Kg soit à peine 2 kg  perdus. Bof ! La bonne nouvelle, c’est que je change définitivement de dizaine.

Après un petit déjeuner frugal, j’arrive avec ma femme à l’hôpital vers 9h45. Le dossier est prêt à l’accueil : CHAMBRE 222. C’est un bon chiffre. Un signe d’un nouveau départ vers cette seconde vie.

Je prend ma douche de bétadine vers 11h et c’est l’attente. Le brancardier vient me chercher vers 15h. Il me rassure comme il peut et j’ai déjà 3 personnes qui s’agitent autours de moi. L’anesthésiste me demande si je suis prêt : « on y va ? ». Je répond « oui » et c’est le backout 2 secondes plus tard.

Je reviens dans la chambre vers 18h. Ma femme et ma grande sœur m’attendent dans le couloir. Je suis vivant 🙂 Je suis totalement dans le gaz jusque 3h du matin mais tout s’est bien passé. Ouf… Mes parents arrivent en fin de journée mais impossible de leur parler ou d’ouvrir les yeux. Pourtant j’entend tout : ça fait un drôle d’effet 🙂

Les restrictions alimentaires après une sleeve

La sleeve n’est pas la solution miracle. Même s’il y a un effet mécanique de restriction qui régule les quantités absorbées, il n’est pas question de manger n’importe quoi après l’opération. Certains aliments et boissons sont vivement déconseillés, voir interdits.

LES ALIMENTS INTERDITS APRES UNE SLEEVE :

  • les boissons gazeuses pour éviter de faire regrossir l’estomac
  • les médicaments effervescents
  • et plus globalement, il est interdit de boire pendant le repas (accroît le risque de vomissement) : boire ou manger, il faut choisir 🙂

LES ALIMENTS DECONSEILLES APRES UNE SLEEVE :

  • les légumes avec beaucoup de fibres : poireaux, choux, …
  • les sucres rapides
  • les aliments très gras : huile, mayonnaise, beurre,… (effets secondaires garantis :-))

Les conditions pour bénéficier d’une sleeve

Quelles sont les conditions pour bénéficier d’une sleeve ?

– il faut souffrir d’obésité morbide ou sévère. L’indice de masse corporel (IMC) doit être supérieur à 40. Si vous avez un souci de santé type hypertension artérielle, apnée du sommeil, diabète, asthme, … l’IMC doit être supérieur à 35

– avoir le feu vert de son médecin généraliste

– avoir subit des échecs après des régimes ou un suivi diététique avec son fameux effet « yoyo »

– avoir rencontré un chirurgien 6 mois avant l’opération

– avoir eu le feu vert d’une équipe pluridisciplinaire qui décide quelle est l’intervention la plus adaptée après un bilan complet pré-opératoire : chirurgien, nutritionniste, psychologue, pneumologue, anesthésiste, …

– avoir le feu vert de la sécu à moins de vouloir tout auto-financer